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Affaire Dati/Ghosn : Anticor se constituera partie civile pour porter la voix des citoyens à l’audience

Alors que des magistrats instructeurs ont ordonné le renvoi devant le tribunal correctionnel de Rachida Dati et Carlos Ghosn, l’association Anticor annonce sa constitution de partie civile prochaine dans l'affaire portant sur des soupçons de pacte corruptif entre la ministre de la Culture et l'ancien PDG de Renault-Nissan.

Mardi 22 juillet 2025, aux termes de six années d’instruction, la ministre de la Culture Rachida Dati et l’ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn ont été renvoyés devant la justice, notamment pour des chefs de prévention de corruption et de trafic d’influence, ainsi que de recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance.

En cause, des faits remontant à octobre 2009, quand Rachida Dati, alors députée européenne, signait une convention de services juridiques avec l’industriel Renault pour l’aider à se déployer dans de nouveaux marchés. Dans ce cadre, l’élue aurait touché 900 000 euros entre 2009 et 2012.

La réalité de ses prestations et l’objectif de la convention ont soulevé des doutes, conduisant, en juillet 2021, à la mise en examen de l’ex-députée européenne pour corruption passive, trafic d’influence passif et recel d’abus de pouvoir.

En novembre 2024, le Parquet national financier a requis, pour ces chefs, un renvoi devant le tribunal correctionnel.

L’ordonnance de renvoi adressée à Mme Dati et M. Ghosn ce mardi 22 juillet retient ces chefs de prévention. Une audience de fixation est prévue le 29 septembre prochain. L’association Anticor annonce se constituer partie civile dans cette affaire, conformément au vote de son Conseil d’administration datant de mai 2025.

Pour Anticor, association reconnue pour son engagement contre la corruption et pour l’éthique en politique, forte de plus de 10 000 adhérents, il apparaît essentiel de porter la voix des citoyens dans un procès d’une telle ampleur. En effet, les mis en cause sont respectivement l’ancien PDG de la première entreprise automobile française et une élue de la République française, eurodéputée au moment des faits présumés, aujourd’hui maire du 7ᵉ arrondissement de Paris et ministre de la Culture.

En se constituant partie civile et en étant présente à l’audience, Anticor entend rappeler que de telles affaires ne sont pas sans conséquences pour notre démocratie. Si les soupçons de pacte corruptif sont confirmés, ils mettraient en lumière une ingérence manifeste d’intérêts privés dans l’élaboration de la législation européenne, au détriment de l’intérêt général. De tels agissements, s’ils sont avérés, contribuent à alimenter la défiance des citoyens à l’égard des institutions comme de leurs représentants.

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