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Retour sur la 13e édition de l’Université d’Anticor à Toulouse !

La 13e édition de l’Université d’Anticor qui s’est tenue les 26 et 27 septembre 2025 à l’Université Toulouse Capitole a réuni plus de 220 personnes autour du thème « La vie locale à l’épreuve de la corruption ».

Spécialistes du droit, universitaires, journalistes et membres d’Anticor se sont réunis autour de cinq tables rondes, réparties sur deux jours.

Emma Taillefer, présidente d’Anticor, a ouvert la 13e édition de ce temps fort annuel pour l’association et introduit la première journée d’échange sur le thème : Lois pratiques, bilan critique.

© Margot L’Hermite

La première table ronde, consacrée au thème de la prévention de la corruption et des bonnes pratiques, a été animée par Éric Alt, administrateur d’Anticor. Autour de lui étaient réunis Claude Beaufils, référent déontologue, Guillaume Beaussonie, professeur à l’Université Toulouse Capitole, Marc Abadie, inspecteur général de l’administration, ainsi qu’Élise Untermaier-Kerléo, maîtresse de conférences HDR en droit public.

En introduction, Éric Alt a tenu à rendre hommage à Olivier Marleix, saluant « le travail remarquable qu’il a accompli sur la question de la souveraineté des entreprises françaises, notamment à travers le cas Alstom ».

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Les échanges se sont ensuite orientés vers les défis concrets de la déontologie dans la fonction publique. Claude Beaufils a souligné la difficulté, pour les agents publics, de s’adresser au déontologue lorsque celui-ci cumule cette fonction avec celle de DRH. Selon lui, « la démarche est beaucoup plus simple lorsque le déontologue est une personne totalement extérieure ».

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Marc Abadie a insisté sur les spécificités françaises en matière de conflits d’intérêts. Avec 36 000 maires en France, a-t-il rappelé, la sociologie locale complexifie la prévention : « Cela multiplie les risques de conflits d’intérêts et ne garantit pas toujours une gestion optimale des collectivités. »

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Élise Untermaier-Kerléo a observé une évolution positive dans la culture déontologique des administrations territoriales. Elle constate que de plus en plus d’élus, qu’ils appartiennent à de grandes collectivités ou à de petites communes, la sollicitent pour des conseils sur des situations concrètes.

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Enfin, Guillaume Beaussonie a rappelé les conclusions d’un rapport sénatorial publié en juin 2025, qui insiste sur la nécessité de rendre public le plan national de lutte contre la corruption dans les plus brefs délais, afin de renforcer l’efficacité des politiques en la matière.

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La deuxième table ronde était consacrée au thème de la transparence et de la publicité. Elle a été animée par Emma Taillefer, présidente d’Anticor, et a réuni Clarisse Feletin, réalisatrice, Matthieu Lequesne, co-fondateur de l’association Acadamia, ainsi que Dorian Cabrol, journaliste indépendant et membre du bureau de l’Association des journalistes pour la transparence.

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En ouverture, Emma Taillefer a rappelé l’enjeu central de cette thématique : « Le manque de transparence politique nourrit le soupçon du tous pourris », insistant sur la nécessité d’une communication ouverte pour restaurer la confiance citoyenne.

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Clarisse Feletin a ensuite partagé son regard critique sur l’efficacité des consultations citoyennes dans le cadre des enquêtes publiques. Selon elle, ces démarches sont souvent purement formelles : « Les décisions sont prises en amont et ne tiennent pas réellement compte de l’avis des gens ».

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Matthieu Lequesne a, pour sa part, attiré l’attention sur les relations entre universités et entreprises privées. Il a plaidé pour que la transparence devienne une condition préalable à tout partenariat, notamment en ce qui concerne les modalités de ces collaborations.

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Enfin, Dorian Cabrol a rappelé l’importance de la liberté d’accès à l’information pour le travail journalistique. Il a cité la position de la Cour européenne des droits de l’homme, qui considère que le refus de communiquer des documents administratifs constitue une atteinte à la liberté de la presse.

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La troisième table ronde, proposée le vendredi 26 septembre, avait pour thème « Collectivités locales et contentieux ». Elle était animée par Inès Bernard, déléguée générale d’Anticor, et réunissait Jérémy Hébert, membre du bureau du Syndicat des juridictions financières, ainsi que Marc Segonds, professeur de droit privé et directeur du Master 2 Compliance officer à l’Université Toulouse Capitole.

En introduction, Inès Bernard a rappelé l’importance de reconnaître l’impact des atteintes à la probité sur la collectivité. « On a tendance à dire qu’il n’y a pas de victime dans les infractions à la probité, alors que ce sont tous les citoyens qui sont victimes ! Et c’est cela qui justifie l’existence de l’agrément d’Anticor ».

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Marc Segonds est ensuite revenu sur le débat public entourant la condamnation de Nicolas Sarkozy, en déplorant la faiblesse de l’analyse juridique dans l’espace médiatique : « J’ai été consterné de l’absence de commentaire juridique et du monopole des réactions politiques », regrettant que la réflexion de fond ne soit pas abordée.

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Enfin, Jérémy Hébert a partagé son expérience en tant que magistrat financier, insistant sur les exigences strictes d’impartialité qui encadrent son métier : « Lorsque je vais délibérer sur un dossier, j’ai l’obligation absolue de me déporter pour tout un ensemble de raisons qui pourrait rendre mon vote partial », insistant ainsi sur la rigueur déontologique propre aux juridictions financières.

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La deuxième journée de l’Université d’Anticor avait pour thème « Les élections locales ».

La matinée a débuté par une table ronde consacrée au thème « Vie publique à l’épreuve des procédures bâillons », animée par Christine Périssé, administratrice d’Anticor et co-référente d’Anticor 31. Elle a réuni Sophie Lemaître, docteure en droit et auteure de Réduire au silence, Guillaume Beaussonie, professeur à l’Université Toulouse Capitol et Gaël Cerez, rédacteur en chef de Médiacités Toulouse.

Guillaume Beaussonie a ouvert la discussion en rappelant la situation complexe des lanceurs d’alerte face au droit pénal. Il a souligné que « le lanceur d’alerte qui dévoile des faits est amené à commettre une infraction pénale (violation du secret professionnel, vol d’information) et justifie ainsi une délinquance qui, autrement, ne serait pas mise en lumière ».

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Gaël Cerez a ensuite partagé le point de vue des journalistes confrontés aux procédures bâillons. Il a illustré la pression financière et humaine qu’elles impliquent : « Même quand on gagne, on perd, car c’est du temps que l’on passe à préparer nos moyens de défense. Dix mille euros, c’est un mois d’enquête à Médiacités », mettant en évidence l’effet dissuasif de ces procédures sur la liberté de la presse.

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Christine Périssé a pris la parole pour évoquer la situation particulière d’Anticor. Elle a estimé que le retrait de l’agrément de l’association avait constitué une forme de procédure bâillon, infligeant à Anticor « un préjudice majeur » et limitant temporairement sa capacité d’action.

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Enfin, Sophie Lemaître a analysé la dimension politique des attaques contre les lanceurs d’alerte, en particulier dans le domaine environnemental. Elle a observé que « la rhétorique politique agressive envers ceux et celles qui alertent sur l’état de notre planète instigue dans l’esprit des citoyens l’idée que le mouvement écologiste est une menace et justifie la répression brutale ».

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La captation de cette table ronde sera bientôt disponible, en accès libre, sur la chaîne Youtube d’Anticor.

Une deuxième table ronde, animée par Élise Van Beneden, vice-présidente d’Anticor, et Florence Renggle, coordinatrice des groupes locaux, a permis de nombreux échanges avec le public autour des propositions éthiques qu’Anticor portera lors des prochaines élections municipales.

Les intervenantes ont présenté la démarche de l’association, qui consiste à inviter les candidats à s’emparer de tout ou partie de ces propositions et à les intégrer dans leurs programmes de campagne. L’objectif est clair : placer l’éthique et la lutte contre la corruption au cœur du débat public, afin que ces enjeux deviennent des éléments centraux des discussions électorales à venir.

© Margot L’Hermite

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